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Bonjour bien aimé dans le Seigneur et shalom pour cette nouvelle année que nous plaçons déjà sous le signe du discipulat accru pour le ministère que le Seigneur nous a confié.

Paix joie santé et amour du Christ pour vous et tous les amis de Sikem gloire soit rendu au très haut.

Comment allez-vous ? et les frères et sœurs de Sikem ?

Pour nous , Ouf, enfin nous voici presque de retour, un mois et demi de cavale permettez ainsi le thème au travers de la forêt, des savanes et des pistes. Un mois et demi ou il fallait aller, visiter, encourager, exhorter, aider, soutenir, organiser.

Un mois et demi d’attaque en règle du malin et de ses agents où nous avons perdu l’essentiel de notre matériel et aussi presque la santé.

Mais un mois et demi de satisfaction d’un devoir accompli. Oui un mois et demi au service du maitre.

En effet dès la mi-décembre nous avions mis en place un programme général comme nous le faisions chaque année, programme consistant à aller et visiter toutes les Eglises que le Seigneur nous avait donné de fonder, et qui sont encore accessibles qui ont tant souffert des évènements qui font rage dans notre pays. Le but, consoler nos compagnons d’œuvre et encourager ceux qui sont découragés. Leur apporter un message d’espoir et un peu d’aide et de réconfort

Trois équipes sont parties, Celle de Bangandou , et la moitié sud-centre du pays dont je faisais partie,

Celle du Centre avec des frères et sœurs de la mission

Et une équipe d’intercession.

Bangandou.

Bangandou a été un travail ardu pour nous car nous sommes désormais en saison sèche et c’est aussi une période favorable pour la nouvelle culture en brousse ; nous avons donc dans un premier temps grâce aux dons que nous avions reçu de vous et quelques collectes organisé une journée porte ouverte pour l’œuvre et pour Sikem au cours de laquelle des cahiers Bic, crayons, savons et autres ont été remis aux enfants, et personnes, ce qui pour eux était une Noël exceptionnelle car cela faisait si longtemps que personne n’est venue autant les consoler, puis nous sommes partis pour essayer de délimiter un hectare de foret en vue de redémarrer une petite activité dans ce terroir. Le pasteur était constamment avec nous.

La difficulté dans le travail du terroir a été surtout le manque de matériel aratoire, et d’un peu de moyen pour encourager ces pauvres gens qui se demandaient si nous allions encore les abandonner en cours de route comme la dernière fois où ils avaient misé sur le projet en délaissant un peu leurs activités et que l’arrêt brusque du projet leur avait causé un préjudice social. Mais nous les avons rassurés car contrairement au remarquable travail fait entre temps par la sœur, nous, nous sommes une mission locale qui a tout moment a à cœur d’évangéliser, encourager et accompagner les personnes en situation difficiles, ils ont en partie compris ainsi avons-nous délimités un hectare et demi, et avons demandé à ce qu’ils nous aident à dégrossir le contour, à faire une cabane pour ne pas surcharger le pasteur.

Nous devons maintenant repartir avec des outils aratoires, (manchettes, houes, haches limes cordes et prévoir un petit moyens financier, du sucre du savon et quelques comprimés de fièvre pour ceux qui vont débrousser et abattre quelques arbres afin de commencer un champ de vivrier dans un premier temps, puis de produits Perrin avec le temps. Le pasteur est très enthousiasmé par cette relance.

La difficulté aussi est le besoin en une ou deux poussettes pour déplacer les choses le terroir étant un peu retiré, il faut noter que la brousse avait repris le dessus de tout le fruit de ce beau travail fait dont les habitants en donnent encore un bon témoignage.

Puis nous avons improvisé une randonnée en brousse pour localiser quelques campements et des pygmées et des autochtones qui vivent beaucoup plus de cueillettes eux aussi que de tout autres moyens, randonnée qui nous a aidé à découvrir de nouveaux sites dont la saison des pluies ne pouvaient pas nous permettre d’y aller. Mais pour cause d’insécurité, nous sommes vite revenus sur nos pas car il faisait aussi très très froid et humide au point que nous avions tous attrapé la grippe et c’est justement en allant faire les examens pour la grippe, que je découvrirais plus tard ici que j’ai une sérologie amibienne positive ( des amibes qui attaquent les organes)et des kystes d’amies conséquents et dangereux pouvant provoquer des abcès irréversibles dans le foi les poumons ou le cerveau, mais comme je devais continuer et conduire la mission dans le Sud-centre du pays, les frères là-bas informés nous attendaient, je me suis fait violence pour y aller au point que j’en reviens totalement malade. Mais ce voyage valait son déplacement, car là, j’ai pu constater de mes yeux comment la souffrance et le désespoir sont grands ; les évènements avaient fait un ravage dans le pays, parmi la population, comment des lieux de cultes avaient été détruit, comment la misère sévissait et avaient réduit les gens à la plus simple expression, les obligeant à adopter un style de vie primitif.

Des temps forts de partage, de communion ont donc impactés ces visites qui je le sais ont porté du fruit.

Le malin pas content ; c’est un jour en revenant par une piste de la brousse que l’on tombera dans une embuscade, nous avions loués trois taxi motos pour y aller, ce auquel nous n’avions pas fait attention, c’est que notre passage était observé, nous avions préconisé de ressortir par la seconde piste, mas c’est aussi ignorer que ces derniers connaissaient toutes les pistes ; c’est alors qu’au retour arrivé au bord d’un marigot et voulant nous rafraichir un peu que des détonations vont éclater et se rapprochaient à grand pas, aussi la première réaction était d’aller vite se cacher pour observer ce qui allait se passer, c’était sans oublier que les motos dans ce terrain rocailleux ne pouvaient pas être dissimulés à temps car généralement, ces gens tuent avant de s’emparer des effets, ou vous exigent de l’argent. Tous nos paquets étaient sur les motos.

Trois gaillards sont sortis armés et scrutant dans la direction où on était caché, tandis que les autres se tenaient en embuscade. Après avoir fait le tour des motos, ils nous ont crié de sortir ils ne nous feraient pas de mal, les conducteurs de moteurs qui ont souvent perdu la vie dans de pareils circonstance nous ont recommandé la prudence. Aussi après 10 minutes pendant lesquelles ils ont vidé nos sacs à terre et récupéré ce qu’ils pouvaient ils sont repartis avec les motos et nos appareils photos, nos documents et tout. Et je regrette toutes les vues que j’ai emmagasiné sur la carte mémoire sans avoir eu l’occasion de les décharger à mon retour de Bangadou . Ces vues pitoyables que nous avons pris, les mémoires de ces gens que nous avons enregistrés, tout est perdu. Mais pis ils sont partis avec l’ordinateur qui me servait à projeter des films dans les Eglises ce qui pour moi est une grande perte car c’est mon outils de travail par excellence. C’est donc à pied que nous avons fait le reste des 45 km qui nous séparaient du prochain village ou la population a loué des motos pour nous ramener à la grand route. Une personne dépêchée sur Bangui est venu nous chercher les frais de transport.

Le secteur Sud centre est des plus dangereux en ce moment et les évènements si y succèdent. Déjà dans le même sens 2000 maisons ont été brulées, 100 morts et plusieurs déplacés sans abris. Priez pour nous en conséquence,

Nous sommes rentrés Samedi soit et avons pu passer un culte de remerciement avec les autres.

La situation du pays est sans conteste très grave, mais nous ne désespérons pas, ayant visité ces frères et les ayant encouragés à reprendre le chemin de la foi et de la reconstruction, nous savons que le Seigneur sera à l’œuvre pour eux.

Il me faut maintenant par la grâce de Dieu trouver le moyen de suivre un bon traitement et j’envisage d’aller au Cameroun voisin où ils ont des appareils appropriés pour un soin intensif en ce sens. Mais déjà, j’ai préparé une équipe de trois personnes qui doivent descendre sur Bangandou la semaine prochaine en vue de commencer le projet agricole.

Voilà en gros, les activités que nous avons pu mener ces temps-ci sur le terrain, ayant juste passé deux jours à Bangui, et un jour au nouvel ici, tout le reste c’est en brousse que nous l’avons passé.

En fait, je viens de voir un courrier du frère Elisée, il serait chez vous là-bas on dirait.

Que le seigneur vous fortifie et vous bénisse et que vous continuez de prier pour nous.

En Christ frère Maurice de retour de mission sur le terrain